N o s t a l g i e
(Marcel Farine)

J'ai quitté mon pays,
J'ai quitté mes montagnes,
Et dans mes longues nuits
Leur souvenir me gagne.
Pour pouvoir les flatter,
Il fallait la patience ;
Pour pouvoir les dompter,
Force et persévérance.

Ici, dans ma cité,
Face à mes lourdes tâches,
Face à l'adversité,
Je ne puis être lâche,
Car je garde en mon cœur
L'amour de la montagne
Qui domine ma peur
Et me sert de compagne.

Les glaciers au soleil
Brillaient comme un diadème.
Abrégeant mon sommeil,
Dans un élan suprême,
Je courais les sentiers
Pour aller vers la glace
Sentir jusqu'à mes pieds
Le froid qui vous enlace.

Ici, dans ma cité,
J'ai gardé dans mon âme
Un brin de pureté,
Un peu de cette flamme,
De ce cristal qui fond
Sous la chaleur humaine.
Oui, cet appel profond
Me rassure et m'enchaîne.

Monter sur le chemin
Vers la plus haute cime,
Toucher avec la main
Une parcelle infime
Du miroir transcendant.
C'est bien l'unique rêve
Qui rend mon cœur ardent
Dans la nuit qui s'achève.